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Plainte du Rwanda contre la France devant la CIJ : Paris étudiera la requête

La France étudiera la requête déposée par le Rwanda devant la Cour internationale de justice contre des mandats d'arrêt lancés par un juge français lorsqu'elle lui aura été transmise, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Nous avons pris connaissance du dépôt, par le Rwanda, d'une requête contre la France devant la Cour internationale de Justice", a déclaré le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi. "Nous étudierons cette requête lorsqu'elle nous sera officiellement transmise par la Cour", a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères s'était refusé mercredi à tout commentaire sur l'initiative du Rwanda.

Le Rwanda considère que les mandats d'arrêt lancés par le juge Jean-Louis Bruguière contre des proches du président Paul Kagame "violent sa souveraineté et entravent sa capacité à fonctionner librement et normalement comme un Etat souverain", selon le texte de la requête diffusé à La Haye.

En novembre, le juge Bruguière a signé neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais Paul Kagame, qu'il soupçonne d'être impliqué dans le meurtre, qui avait précédé le génocide en 1994, du président Juvénal Habyarimana. Cette procédure a conduit le Rwanda à rompre ses relations diplomatiques avec la France.

Il est hautement improbable que la France juge la CIJ compétente dans cette affaire, et que cette requête ait donc la moindre suite, notaient les observateurs.

 

Le Maghreb inquiet de l'issue de la "bataille d'Al-Qaïda en Irak"
 

Une éventuelle victoire d'Al-Qaïda en Irak aurait de graves répercussions au Maghreb et montrerait la voie aux groupes jihadistes qui lui sont dévoués dans la région, estiment des analystes marocains.

Après les attaques en mars et avril à Casablanca (Maroc) et à Alger, les services de sécurité maghrébins poursuivent leurs efforts pour arrêter les membres des groupes jihadistes. Des responsables, comme le ministre marocain de la Communication Nabil Benabdellah, affirment que la lutte contre le terrorisme est d'abord "idéologique et culturelle".

Plusieurs analystes se montrent inquiets de la situation à l'extrémité orientale du monde arabe. "L'Irak est devenu une université du martyr", estime Mohamed Tozy, professeur de sciences politiques à l'université Aïn-Chok de Casablanca, reprenant l'expression du chef d'Al-Qaïda en Irak, Abou Omar Baghdadi.

"Nous annonçons la sortie, pour la première fois dans l'histoire de l'Irak, du premier groupe de lauréats d'officiers du jihad qui sont d'un haut niveau international", avait déclaré Baghdadi, chef de "l'Etat islamique d'Irak" dans un enregistrement diffusé mardi sur l'internet.

"Si l'Afghanistan était une école qui a produit les combattants d'Al-Qaïda, c'est en Irak que se trouve l'université", avait-il ajouté.

"L'Irak est devenu un terrain d'expérimentation en taille et temps réels et l'Irak sert désormais de modèle" pour les jihadistes, a ajouté M. Tozy, qui note que "se balader en permanence avec une ceinture d'explosifs est un mode opérationnel signé Zarqaoui".

Abou Moussab Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak, a multiplié les opérations kamikazes jusqu'à sa mort dans un bombardement américain en juin 2006.

"La plupart des jihadistes salafistes accordent maintenant la priorité à l'Irak. S'ils gagnent, ils élargiront leur champ de bataille au Maghreb et s'ils échouent, le salafisme jihadiste devrait normalement reculer", estime-t-il.

Ce point de vue est partagé par Mohamed Darif, professeur de sciences politiques à l'université de Mohammedia, qui estime que "ce qui se passe au Maghreb ne peut être isolé de ce qui se déroule dans d'autres pays".

"A partir de 2004 et de la structuration d'Al-Qaïda en Irak par Zarqaoui, cette organisation a revu sa stratégie. Elle a décidé qu'au lieu de disperser ses efforts dans la lutte contre plusieurs régimes arabes, elle doit les concentrer sur l'Irak", estime M. Darif.

"Pour Al-Qaïda, instaurer l'Etat islamique dans le monde arabe commence d'abord par un Etat islamique en Irak", ajoute M. Darif.

Entre 2004 et 2006, les organisations liées à Al-Qaïda au Maghreb se sont focalisées sur le recrutement de combattants pour l'Irak, affirme-t-il.

Les autorités marocaines ont démantelé durant les trois dernières années 16 cellules qui cherchaient à envoyer des combattants en Irak, la dernière étant celle de Tétouan (nord) démantelée au début de 2007.

"Le Maroc demeure encore pour Al-Qaïda une base arrière de soutien logistique à l'Irak", affirme ce spécialiste. Les dernières explosions à Casablanca constituent "une réaction au démantèlement de cellules après une coopération avec l'Algérie, la Mauritanie et des pays européens", ajoute M. Darif.

"C'est aussi un message aux autoriés marocaines disant: +vos informations sont lacunaires puisque les jeunes qui se sont fait exploser le 14 avril près du consulat général des Etats-Unis ne figuraient sur aucune liste de recherchés+", a-t-il dit.

 

 

 

 

 

 


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